Lettre d'Antoine à sa mère Antoinette, 19 septembre 1801

Expéditeur : Antoine Morand
Expedié depuis : Lyon

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Archives municipales de Lyon, fonds Morand, FRAC069123_14II_35_2_1801_09_19_1.jpg
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Transcription

A Madame Morand, rue Brocherie, à Grenoble
Lyon, le 2ème jour complémentaire, samedi

Lettres non datées. C'est la suite de celle où Antoine évoque la poupée qu'il a envoyée à sa nièce Louise et qui porte le prénom de sa fille Léo.

Je suis enchanté, ma chère maman , que les petites choses que je vous ai adressées vous aient fait quelque plaisir ce n'a été de ma part qu'une marque d'affection et j'ai fort regretté que mes moyens ne me permissent pas de faire mieux. Il paraît que Mlle Léo réussira à Grenoble, celle de Machy n'a point cette tournure élégante mais elle a une bien jolie petite mine et je peux encore espérer que le portrait que j'ai dans mon cabinet pourra quelque jours avoir de la ressemblance avec elle, je souhaiterais surtout pour son avantage qu'elle pût ressembler par l'esprit et les qualités essentielles à la personne que représente ce portrait et dont je regrette bien de n'avoir que l'image en mon pouvoir.

Je suis très sensible à l'invitation que vous me renouvelez et je m'étais flatté un moment d'y pouvoir répondre, maintenant cela ne peut qu'être éloigné, le changement de préfet , les affaires du pont qu'il faut régler avec le nouveau, d'après la décision du ministre ; mes vendanges qui approchent, ces listes qui se font et bien des affaires particulières me retiennent ici et je ne peux encore fixer le moment d'aller vous embrasser et passer quelques jours auprès de vous, aussitôt que je le pourrai je vous en préviendrai et tâcherai bien de ne pas aller seul pour être encore mieux reçu.

Je ne sais si je vous ai dit que pendant mon séjour à Paris j'ai été nommé membre du conseil général du département, ce qui me place de droit sur la liste départementale, seul objet de mon ambition parce que cela me met dans le cas de pouvoir rentrer au tribunal si jamais il y avait une place vacante et si mes amis peuvent alors quelque chose pour me faire rendre justice. Quant à la liste nationale je ne peux me flatter d'y parvenir cependant je ne dois rien négliger de ce qui peut m'y faire porter quoique certainement cela me serait inutile mon intention étant de ne jamais rien accepter qui m'éloignât de Lyon. Au reste je ne parle de cette liste qu'à vous, il n'y aura que cinquante élus et je ne peux me flatter raisonnablement de voir mon nom figurer dans le petit nombre. [...]

Commissions pour Besson ; lui envoie à elle de la poudre de saint auge, effet très marqué sur lui. L'engage à remettre un paquet de lettres à Daudiffret en lui demandant d'intercéder pour sa femme auprès de lui, afin qu'il lui écrive.

[...] Dites-lui bien qu'il ne peut se dispenser d'aller faire un voyage à Paris pour embrasser sa mère qui n'existe que par miracle et par suite des soins bien intéressants et soutenus de son aimable belle-fille, elle ne retrouve sa tête que pour parler de son fils et il aurait bien à se reprocher de ne pas lui donner la consolation de le revoir encore une fois. Si ses affaires exigent sa présence en province il reviendrait ensuite mais il ne peut refuser à toute sa famille le plaisir de le revoir après une si longue absence. [...]


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